Ελλάδα, φτάνω !

J’ai décollé pour 3 mois en Grèce le 12 juin 2014, et pour être honnête le jour du départ je n’étais plus sure du tout de vouloir partir (en plus j’ai peur en avion).

Athènes, un premier mois qui donne le ton

                      Dès le premier jour, j’ai eu un très bon feeling avec la famille mais j’ai vite compris que la petite de 5 ans allait être assez dure à gérer. J’étais assez déstabilisée et un peu perdue dans mon nouvel environnement et dans cette ville où tout est écrit avec leur alphabet à la con.
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Faire face à un mode de vie totalement différent

                      Les parents ne travaillent pas. La mère occupe son temps entre la salle de sport, l’esthéticienne et les terrasses avec ses copines. La maison est tenue par Carol, une Philippine qui travaille au black en Grèce depuis qu’elle a quitté son pays, seule, à 16ans  (j’ai remarqué que tous les Grecs riches ont un Philippin à la maison, c’est vraiment ouf). Elle a 26 ans, elle est adorable, elle gère tout à la maison et s’occupe même de bébé George pendant que je suis en vadrouille avec miss Sofia. George dort avec elle, c’est elle qui se lève la nuit quand il pleure: elle travaille H24.
C’est assez déstabilisant de se retrouver face à un niveau de vie si élevé, pour moi les normes qui régissent cette famille ne sont pas innées du tout. Bien sur, j’ai pu profiter des avantages que cela apporte: des journées passées sur des Yachts fabuleux, l’esthéticienne qui vient à la maison, des séjours dans des maisons plus magnifiques les unes que les autres … Le tout avec ma petite maman qui me disait au téléphone: « Ne t’y habitues pas ! Ce n’est pas la vraie vie hein ! ».
Mais je retiens surtout le revers de la médaille et les quelques situations gênantes, quand Sofia par exemple qui, du haut de ses 5 ans, m’explique avec aplomb que non elle ne mettra pas son bol sale dans l’évier car c’est le travail de Carol … Heyhey ça ne se passe pas comme ça la vie ma puce!
                      En juin, on a aussi passé une semaine sur l’ile de Tzia, une toute petite île magnifique, chez des amis de la famille. Ces gens avaient 5 Philippins employés pour s’occuper de la maison (ils étaient trois à vivre dedans), et encore, je dis « employés » mais j’ai tout simplement été confrontée durant cette semaine, à ce qu’on appelle de l’esclavagisme moderne. Je n’ai jamais vu des gens être traités comme ça, j’ai juste eu la gerbe pendant tout le séjour et ai fini par appeler ma mère en pleurs. Voilà, c’est ça aussi de se retrouver dans une famille qui vit dans un autre monde, ce n’est pas juste des fêtes d’anniversaires dans la maison de la 3ème plus grosse fortune de Grèce dont le jardin ressemble soudainement à Disneyland Paris.
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Le quotidien ελληνικά (grec)

                      Durant le premier mois, nous étions à Athènes et je vivais chez la grand-mère. Comme Sofia avait encore école, mes journées étaient plutôt libres et tranquilles. J’en ai profité pour visiter la ville, grimper sur l’Acropole et me promener dans le quartier de Monastiriaki (plein de petites rues remplies d’échoppes à souvenirs). Je me rappelle avoir été marquée par le fait qu’à Athènes, se déplacer en taxi revient globalement au même prix que de prendre le métro. Le quartier où je vis, Kolonaki, est magnifique, je crois que c’est l’un des quartiers les plus chics d’Athènes, et ça se sent!
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Sofia se couche tous les soirs vers 23 heures / minuit et ses parents trouvent ça normal, je me suis fait regarder bizarrement quand j’ai tenté de la préparer au lit à une heure un peu normale pour une enfant de 5 ans. Si on rajoute à ça le fait qu’elle ne fait pas de sieste, il semble compréhensible que cette petite soit constamment de mauvaise humeur et énervée.
Je passe mes après midi au parc avec Sofia et son frère de 7 mois, George, et sincèrement le parc ça donne envie de crever. Je les pousse sur la balançoire pendant des heures, j’empêche le petit de manger du sable, et le temps passe horriblement doucement.
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                      Ce premier mois, je me suis beaucoup occupée pour m’efforcer à ne pas trop penser, sinon j’enchainais les coup de blues.  J’ai quand même fait une très belle rencontre ! Elle s’appelle Kristina, elle est tatoueuse et je passe mes après-midi au salon à boire des Cappuccino Fredo Metrio (cappuccino froid sucré, le premier mot que j’ai appris ici, parce que je vous le dis: les Grecs sont des génies en termes de cafés glacés).
Sur la fin du mois, j’ai enfin commencé à créer un lien fort avec Sofia et je m’attache beaucoup à cette petite peste d’amour.
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Spetses, plage, plage et plage

                      Alors enfait le principe de Spetses est assez cool: il s’agit une petite île vraiment très proche de la côte (20min de mini-bateau) où les voitures ne sont pas autorisées ! On se déplace en calèche ! Oui oui, tout le monde se déplace en poney, c’est génial non? L’espèce de ville principale est en fait un petit village de bord de mer super sympa et on loge dans une petite maison qui appartient à la famille (comme leur hôtel 5 étoiles à Santorini, et leur villa à Ithaca, et leurs appartements Londoniens … Normal quoi, non?)
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                      Ce mois ci à été le plus difficile pour moi. Beaucoup d’amis de la famille se sont succédés à la maison et j’ai été très sollicitée avec Sofia. On dort dans la même chambre, je me lève quand elle se lève, et quand elle se couche je suis tellement crevée que je vais me coucher aussi. J’ai l’impression de n’avoir aucun espace à moi, ni de moment seule … Ce n’est pas très facile de trouver sa place entre être employée et faire partie de la famille. Être Aupair c’est une espèce d’entre deux bizarre où l’équilibre est difficile à trouver. La mère m’emmène  parfois le soir boire des verres en ville avec elle et ses copines, mais le lendemain, je dois être à 100% quand Sofia me réveille à 7 heures du matin (mais cette enfant ne dort donc jamais?!)
« 19.07
Aujourd’hui j’ai loué un scooter et j’ai fais le tour de l’île. J’en avais jamais fait de ma vie et douée comme je suis, l’expérience était risquée mais c’était génial! Le tour de l’île se fait en 1h30, sachant que j’ai roulé comme une tortue parce que j’avais peur. Je crois qu’ils ont compris que j’avais besoin de temps seule et que je ne pouvais pas être H24 au pied levé avec les enfants. Demain, Carol et moi sommes en Day Off, je vais l’emmener refaire le tour de l’île avec moi. »
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Ithaca mon amour

                      Ithaca, c’était le mois qui me faisait le plus peur et c’est celui qui m’a fait le plus de bien. Dès le début, je savais que quand on y serait (à savoir pendant tout le mois d’août) nous n’aurons ni internet ni réseau quelconque. Et bien prenez moi pour une accro de la technologie si vous voulez mais moi ça me faisait peur! Et puis dans le fond, avouez vous vous dites qu’un mois entier coupée du monde c’est chaud quand même. Bon j’avoue, il y avait un téléphone fixe à la maison et je pouvais appeler ma mère toutes les semaines et comme je ne pouvais parler à personne d’autre, elle me servait accessoirement de journal intime/psychologue, mais ça, elle a l’habitude 😉 Et puis j’avoue (encore), on est allé 2 ou 3 fois en ville au restaurant et j’arrivais à capter un semblant de réseau Wifi qui me permettait de vérifier que je n’avais pas reçu un avis de décès de qui que ce soit, et d’envoyer quelques signes de vie et nouvelles à mes amis. Mais enfin je maintiens que un mois, c’est un vrai challenge !
Il faut avouer que si j’ai passé un mois si génial, c’est parce que l’environnement a aidé: Ithaca est une île magnifique, il y fait beau et chaud, les plages sont merveilleuses, cette île a quelque chose de particulier. C’est qu’intervient mon anecdote mythologique: Ithaca serait l’île où vivait notre cher ami Ulysse (L’odyssée d’Ulysse, tout ça tout ça) et sa chère femme l’y a attendu pendant des années. Je ne connais pas bien l’histoire et je ne sais même plus s’il y est revenu un jour en vérité, mais je sais qu’elle avait un truc à tricoter et que si Ulysse ne revenait pas avant qu’elle l’ai terminé, elle devait épouser un autre gars qui est un peu le méchant de l’histoire. Et bien la jeune amoureuse se levait la nuit pour défaire ce qu’elle avait fait la journée pour que son travail ne soit jamais terminé et qu’elle n’ai pas à épouser le gars méchant. C’est beau l’amour.
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                      A Ithaca, on est beaucoup resté en famille à la maison (qui avait été construite par la grand-mère en hommage à la Provence – elle adore la France! Pas très dépaysant pour moi donc! En plus, je pouvais lire des Côté Sud: sympa) et à barboter dans la piscine en tentant d’échapper aux espèces de guêpes transgéniques qui ont pris possession du pays. On est aussi allé à la plage, beaucoup. Beaucoup.
Ce mois-ci je suis encore resté H24 avec Sofia (on dormait carrément dans le même lit, quand je vous dis que je n’avais pas d’espace à moi), mais plus rarement seule avec elle.
J’ai pu participer à une fête traditionnelle Grecque à Anoyii, c’était … folklorique, j’ai adoré.
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Le départ

« 30.08
Je suis dans l’avion. Je ne pensais pas que le départ serait si difficile. Carol et Daphne ont éclaté en sanglots en me disant aurevoir. Sofia m’a serré tellement fort dans ses bras, en me disant avec sa petite voix qu’il ne fallait pas être triste puisque nous allions nous revoir. J’ai pleuré comme une madeleine jusqu’à l’aéroport. Sur la fin j’avais hâte de rentrer, mais maintenant plus du tout, du tout, du tout, C’était inoubliable,  ils vont affreusement me manquer. »
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Et depuis?

                      J’ai des nouvelles très régulièrement, grâce à Whatsapp et Skype, et nous sommes toujours aussi proches. Nous nous sommes revus cet été à Londres, mais ça, je le raconte ici.
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En résumé

                      Résumer ces trois mois me semble tellement compliqué. Il y a eu des moments de tensions, des coups de blues et de trop pleins. Mais il y a aussi eu tellement de discussions, de rires, de souvenirs formidables. Il y a eu des crises où je n’en pouvais plus des enfants, où j’ai voulu faire passer Sofia par la fenêtre (relax, c’est juste une façon de parler) et puis il y a eu tellement de bons moments. S’occuper d’un enfant à plein temps, pendant si longtemps, ça fait grandir parce que forcément, ça responsabilise énormément, et comment ne pas s’attacher? Comment ne pas fondre quand Sofia explique au serveur du bar que je suis sa « French sister » ? Quand elle me demande comment on dit Je T’aime en français? Et qu’elle me dit « Bonne nuit ma puce, bisous bisous! » le soir, à force de m’avoir entendu le lui dire en français? Toutes les deux, on a créé un lien basé autour de notre communication en anglais, de son apprentissage du français grâce à moi, et de mon apprentissage du Grec grâce à elle. Et sincèrement, appréhender ça avec une petite de 5 ans, c’est génial.
Les liens que j’ai créé avec la famille en général sont très importants pour moi. Etre Aupair c’est pas facile, il faut amener doucement les parents à avoir confiance, trouver sa place dans la famille, mais ne pas oublier son statut de « nounou ».
Ces trois mois m’ont aussi permis d’améliorer largement mon anglais, et ça ça ne se refuse pas ! Parler uniquement anglais au quotidien, notamment avec une petite qui n’hésite pas à faire remarquer la moindre faute, ça fait progresser.
Etre confrontée à un mode de vie si différent m’a aussi fait réaliser pas mal de choses sur l’argent, le bonheur, et ma propre famille. Et en résumé, mes parents sont géniaux, et je n’ai rien à envier au monde doré! Etre seule là bas m’a amené à de longues remises en questions et ça m’a permis de réfléchir à ma vie. Mon choix d’être partie induit le fait que je sois bien aujourd’hui, j’en suis persuadée.
En résumé,je souhaite à tout le monde de vivre une expérience pareille car pour ma part, ces 3 mois ont été inoubliables !
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                     Et puis en plus, avec tout ça, je sais dire pleins de trucs hyper cool et utiles en Grec comme: papillon, pastèque,poussette, poulet, haricot vert, chapeau, tutute, biscotte, salade, glace, un deux trois … ! 😉
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Si vous avez des questions, n’hésitez pas !

Vous voulez savoir pourquoi et comment je suis partie ? C’est par là !

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7 commentaires sur « Ελλάδα, φτάνω ! »

  1. Ping: London, LDN

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